par Annie R.



« Ah ! quel beau temps aujourd’hui, enfin ! Ça fait plaisir de revoir l’été ! » Hier matin, je suis seule dans la boutique, la boulangère est plus détendue que d’habitude, elle m’accueille joyeusement. En réalité, il fait toujours beau ou presque, depuis le début du confinement, le ciel d’un bleu profond de la plupart de mes photos en est le témoignage incontestable. Et nous ne sommes encore qu’en mai. Ce n’est pas non plus la fin de nos problèmes. Mais voilà, le soleil du matin dans sa boutique change l’humeur de la boulangère et la projette dans un été de bonheur sans nuages.

L’été sur la côte, nous en avons eu un petit avant-goût dimanche… Partis en fin de la matinée sur le bord de la Laïta, ria « frontière » entre Morbihan et Finistère, nous rencontrons très peu de monde, les lieux sont magnifiques, le pique-nique au ras de la rivière tout à fait charmant. Les activités nautiques sont autorisées, des canoës et des paddles remontent facile en suivant la marée, un paddle plus sportif lutte difficilement pour aller à contre-courant vers la mer. C’est tranquille, il y a de la place.

 

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Début d’après-midi, en approchant de l’embouchure, ça se corse. De plus en plus de monde sur les sentiers. Nous retrouvons ces comportements de promeneurs que nous observons en ville et qui nous interrogent. Ces gens qui s’avancent, droit devant, sans dévier d’un pouce de leur trajectoire, et nous font nous demander pourquoi c’est toujours à nous de nous écarter… Mais si nous en voyons un qui nous remarque et fait un pas de côté en souriant, ou nous remercie de notre déplacement, nous nous sentons tout d’un coup plus confiants dans l’espèce humaine. Les impressions contrastées sont la marque de ces temps d’incertitude : à quoi faut-il s’attendre, lorsque les gens qui ne s’inquiètent pas nous inquiètent ?

Sur le sentier côtier c’est la même chose, en mode dimanche, plus décontracté : les gens nous regardent d’un air étonné comme si c’était une bizarrerie de notre part de nous écarter du chemin pour les laisser passer. Mention spéciale aux familles avec jeunes enfants qui occupent sans s’en faire toute la largeur du sentier. Ceux-là n’ont même pas conscience de notre existence.

 

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Près de l’embouchure, le concept de « plage dynamique » semble ignoré : des petits groupes bronzent sur leur serviette, ils ne bougeront pas de sitôt. Pour l’instant, il y a encore de l’espace. Mais j’imagine en juillet … Plusieurs plages de la région ont été interdites à nouveau, au vu de comportements jugés irresponsables. À Erdeven on s’attendait à une progression considérable de la population de gravelots à collier interrompu, ces charmants petits oiseaux sont en pleine nidification sur la plage. Les promeneurs sont passés sans faire attention, et même avec leurs chiens, ce qui était interdit. Les panneaux signalant les zones à respecter ont été ignorés, et même des barrières ont été enlevées. Le maire était furieux et a interdit de nouveau la plage. Mais le mal est déjà fait.

 

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Il reste que c’était bien agréable de marcher sur la plage. Et de revoir les kite-surfers. À quoi faut-il s’attendre pour les temps à venir ? On nous annonce la pluie. Par ici ça ferait du bien.